Accueil > Développement humain durable > Anticipation > Le plan de relance dans le Rhône

Le plan de relance dans le Rhône

jeudi 1er juillet 2021
Par Jacques Perrat

Les dossiers retenus pour le département (à jour fin mai 2021)

A noter, des aides à la population pour la transition numérique, attribuées à la Métropole de Lyon (50 conseillers ; subvention de 2,5M€ au total) et au Département du Rhône (15 conseillers ; subvention de 750k€).

Plusieurs filières industrielles importantes du département sont concernées par des projets relevant de plusieurs rubriques des plans de relance.

La filière chimie :
La Métropole de Lyon et l’Etat ont signé (24 mars 2021) un accord complémentaire à l’accord Etat-Région pour accélérer les mesures concernant la rénovation des collèges et des bâtiments publics, l’agriculture urbaine, etc. Une partie importante est consacrée à la plateforme chimique de Lyon où plusieurs entreprises projettent de s’implanter dans le recyclage des plastiques, la valorisation thermique des déchets industriels, la production d’hydrogène « vert »… Les fonds seront également consacrés à la dépollution de certains terrains.

La rubrique Relocalisations industrielles a retenu Rhodia Operation à Saint-Fons. Cristal est un projet d’investissement qui vise à acquérir l’indépendance nationale en matière d’intrants essentiels de l’industrie chimique en relocalisant le processus de production de la vanilline naturelle sur le territoire.

La filière santé :
La rubrique Territoires d’Industrie a retenu LCI Médical, qui produit des implants médicaux à Fleurieux-sur-L’Arbresle (projet non précisé).

MGA TECHNOLOGIES à Civrieux d’Azergues, alliée à ATG Technologies et Focussia pour constituer une équipe de passionnés des technologies de l’industrie 4.0, spécialisés dans la conception et la réalisation de lignes et de machines automatiques mécatroniques robotisées pour l’industrie du futur. Ses principaux clients sont des grands groupes des industries pharmaceutiques et médicales, de la biotechnologie, de l’électronique, de l’horlogerie et de la mécanique de précision. Dans le cadre de son nouveau projet TechLab 4.0, l’entreprise forme une équipe intégrée de 15 personnes dédiées à l’innovation pour sa R&D, le développement de solutions mécatroniques pour les process Biopharma en single-use, le prototypage rapide et la mise en œuvre des dernières technologies de la « Facility of the Future Biopharma ». Les usages des innovations déployées seront également proposés à l’industrie des semiconducteurs, des hautes technologies et plus généralement aux industries exploitant en milieux propres. Le MGA TechLab 4.0 sera mis en duplex digital avec SWARM, entreprise à mission hébergée au Campus Numérique de la Région, co-fondée par MGA Technologies. L’entreprise prévoit la création de 10 emplois à court terme, sans compter les emplois indirects. Investissement global prévu : 1,3 M€ d’ici 2022.

TRA-C INDUSTRIE Vindry-sur-Turdine, experte reconnue dans le travail des métaux et leader européen dans la technologie de soudage par friction malaxage (FSW), apporte son savoir-faire d’ingénieriste et ses capacités de production à ses clients notamment des secteurs de la défense, du ferroviaire, de l’automobile, et de l’aéronautique. Afin de répondre à la forte demande du marché et de conserver son expertise dans son domaine, TRA-C Industrie doit en continu développer ses process et outils de fabrication tout en apportant de nouveaux produits innovants. Pour cela, TRA-C industrie doit accélérer la digitalisation de ses processus, poursuivre la robotisation de ses ateliers et investir dans un centre d’usinage numérique grande dimension (5 axes). Ces investissements permettront d’intégrer l’ensemble de la chaine de valeur. L’entreprise prévoit la création de 11 emplois d’ici 2023. Investissement global prévu : 1 M€ d’ici 2022.

La rubrique Relocalisations industrielles a retenu plusieurs entreprises :
Aguettant à St-Fons (et à Champagne, dans l’Ardèche) pour 7 nouveaux médicaments, une augmentation de production, l’extension de bâtiments (+ 75 emplois).
Delpharm, à Lyon, pour une nouvelle unité de production de tests antigéniques et 25 emplois supplémentaires (25 actuels)
Fab’Entech, à St-Priest, pour optimiser et augmenter les capacités de production d’anticorps monoclonaux (+ 8 emplois).
Lyophitech, à Villeurbanne, pour un projet d’implantation d’un nouveau site de lyophilisation en région lyonnaise.
Abl Europe à Lyon, qui fournit des vecteurs viraux GMP contribuant ainsi au succès des immunothérapies innovantes de ses clients. Face à la pandémie Covid-19 et à des capacités de bioproduction saturées, le projet VIVACO permet la création en France d’une nouvelle unité de production de lots de vecteurs viraux pour les essais cliniques en cours en vue de produire des millions de doses de vaccins. Cette ligne fera gagner un temps précieux dans la lutte contre la Covid 19.
ADNucléis, à Grezieu la Varenne, qui conçoit des solutions de diagnostic PCR (réactifs et automates). Son projet PCR First vise une souveraineté dans le domaine de la santé par la création d’une filière française de produits de diagnostic par PCR temps réel destinée à pourvoir aux déficits structurels actuels. Les retombées sociales sont conséquentes avec la création de 7 emplois et l’accès économique plus aisé à des kits réactifs de diagnostic par la méthode PCR.

La filière automobile (rubrique de soutien à cette filière) :
Navya (systèmes de conduite autonome) à Villeurbanne (69) : tracteur autonome innovant.
Vignal Systems (feux de signalisation poids lourds) à Corbas (69) : cellule robotisée innovante.
IVA (vernis d’émaillage) à Meyzieu (69) : outil industriel innovant.
Electrifil (équipements automobiles) à Beynost : capteur pour moteur électrique intelligent.
Segula Technologies, MTB Recycling, Arkema, INSA Lyon  : développent du véhicule allégé.
TDS (traitement de surface) à Genas (69) : nouvelle ligne pour moteurs électriques et hydrogène.
Besacier, à Corbas, qui conçoit et fabrique des composants métalliques de précision en grande série. Ce projet s’adresse au marché hydrogène automobile et vise à industrialiser un design de plaque bipolaire pour pile à combustible performante et compétitive.

Innomolds, à Vaux en Velin, qui conçoit et fabrique des moules métalliques pour la fonderie des alliages légers. Ce projet s’adresse au marché des moules pour la fonderie aluminium principalement, avec une concurrence essentiellement européenne. Il consiste à intégrer une nouvelle machine 5 axes par enlèvement de copeaux et un système « d’impression 3D métallique » permettant de combiner les techniques soustractives et additives d’élaboration de pièces mécaniques.

Gardette, à Villefranche sur Saône (et à Villars, Loire), qui conçoit et fabrique des clavettes. Ce projet s’adresse aux marchés des moteurs et pompes à énergie non carbonée, avec une concurrence mondiale. Il consiste à accélérer l’investissement pour moderniser le métier historique de fabrication et valoriser des atouts de compétitivité « Made in France » (avec des partenaires régionaux clés), grâce à des leviers de différenciation technique uniques (notamment l’intégration verticale du savoir-faire d’étirage à froid des matières).

Plastic Omnium, à Lyon, leader mondial des systèmes de carrosserie intelligents, des systèmes d’énergie propre et des modules pour l’automobile. Le projet concerne surtout Sigmatech, le centre d’expertise mondial pour les éléments de carrosserie situé dans le département de l’Ain à Sainte-Julie. Pour répondre aux demandes d’enrichissement en fonctions des panneaux de carrosseries et afin de relever les défis de la diversité et de la personnalisation il est essentiel de proposer des voies d’amélioration des techniques et méthode Lauréats des fonds de modernisation automobile et aéronautique au 16 février 2021 16 de contrôle qualité. La digitalisation des procédés et l’intelligence artificielle sont de puissants leviers pour y parvenir. Au travers du projet IRIIS, PLASTIC OMNIUM propose donc d’accélérer le développement et la mise en service de moyens flexibles de contrôle de la qualité et de traçabilité de la production, améliorant ainsi l’efficacité opérationnelle et la compétitivité des usines. Les activités du projet IRIIS seront menées à Sigmatech, pour ensuite être déployées dans les usines françaises puis internationales du métier Intelligent Exterior Systems.

GREENMOT à Villefranche-sur-Saône, est un centre d’essais véhicules associé à un bureau d’ingénierie qui conçoit, depuis 10 ans, ses propres moyens d’essais et exploite aujourd’hui 4 cellules climatiques. Dans l’objectif d’accompagner le développement de sa nouvelle activité de retrofit véhicule, dont le projet Green-eBus qui consiste en un kit de motorisation électrique pour bus urbain, Greenmot concevra et fabriquera ses propres packs de batteries électriques. Les packs batterie seront destinés aux besoins des bus urbains, mais aussi à des véhicules industriels et de spécialité. Le projet présenté correspond à l’investissement en machines de production et de contrôle nécessaires à la création de la ligne de fabrication de ces packs batterie et des kits de retrofit. Cette ligne de fabrication sera installée dans les nouveaux locaux de GREENMOT à Villefranche sur Saône, sur une surface de 2600m² aménagée sous Sprinkler. La création de 60 emplois à horizon 2023 appuiera le déploiement de ce site de production. L’entreprise prévoit la création de 105 emplois d’ici 2023. Investissement global prévu : 1 M€ d’ici 2022.

Safety Tech, rétro-vision mécanique et caméras pour poids-lourds, Brignais. Modernisation de la production pour plus de compétitivité, développement de la prochaine génération de solutions d’aide à la conduite.

Solustil, découpe, pliage, emboutissage, soudure, peinture, cataphorèse, assemblage…, Arnas. Diversification de l’offre produits, modernisation des process, glissement vers l’industrie 4.0 (cellules soudure robot, nouvel ERP de production et logistique). Meilleure relation Homme-Machine.

Brandolini, systèmes mécaniques innovants, Corbas. Innovation dans un système de sécurité active sur les directions de véhicules civiles et militaires.

Saint-Jean Industries, conception et fabrication de pièces et sous-ensembles pour mobilité et énergies, Belleville (et Laval, 53) (69). Modernisation et décarbonation du site et proposition de nouvelles solutions d’allègement pour les véhicules électriques.

Concernant Renault-Trucks, la Cgt s’inquiète de l’avenir de l’usine moteur, toujours très liée au diésel, comme de l’avenir des études et recherches, même si, à court terme, la charge étude reste forte sur la partie cabine liée aux nouvelles normes visibilité et anti-pollution mais aussi sur les véhicules électriques. La question de la place des usines lyonnaises reste posée : quel lieu pour la future cabine commune Renault-Volvo ? Quel lieu pour les développements concernant les motorisations alternatives au diésel ? Volvo et Daimler ont fait une Joint-Venture dans le but de mutualiser des frais de R&D dans la pile à combustible, avec 600 millions d’euros engagés par chaque groupe… Renault-Trucks est engagé dans un projet de recherche avec l’IFP de Solaize sur l’adaptation de l’hydrogène à un moteur thermique évitant le passage direct à l’électrique.

. La filière aéronautique (rubrique soutien à cette filière) :
Eldec (systèmes de détection) à St-Priest, pour le rapatriement d’une fabrication des USA.
Vision Systems (protections solaires de cabines) à Brignais, pour développement et diversification.
Sunaero-Helitest (détection-réparation de fuites de gaz) à Genay, pour diversification.
Aeroform Composites, à Saint-Genis-Laval, qui conçoit et fabrique des solutions innovantes d’équipements de réparation pour les matériaux composites. Ce projet s’adresse au marché aéronautique civil et militaire, avec une concurrence mondiale. Il consiste à développer un outil unique pour réparer intelligemment une structure composite non homogène directement sur avion non défuellé.
Monin Mécanique, à Rillieux-la-Pape, qui conçoit et fabrique des pièces usinées dans les domaines aéronautique, défense, biens d’équipement ou encore spatial. Ce projet s’adresse aux marchés aéronautique, défense et médical, avec une concurrence internationale importante. Il consiste à investir dans des outils d’exploitation de hautes technologies pour améliorer la compétitivité de l’entreprise en réduisant le nombre d’opérations dans le processus de fabrication. L’effet immédiat escompté est le maintien d’activités sur les marchés historiques tel que l’aéronautique, ce qui permettra avant tout de préserver les emplois et d’en créer de nouveaux. Le regain de croissance avant crise permettra ensuite de diversifier les compétences techniques de l’entreprise vers le secteur du médical. Ce projet entraînera d’ici 2025 le transfert des activités vers une nouvelle usine 4.0 écoresponsable.

Reel, à Saint Cyr au Mont d’Or, qui conçoit et fabrique des systèmes de levage et de manutention complexes ainsi que des solutions de systèmes intégrés. Ce projet s’adresse au marché aéronautique, dans le domaine de la fourniture des postes d’assemblage avion. Ce segment, très compétitif, présente une concurrence internationale. Le projet consiste à développer un jumeau numérique des postes d’assemblage avion. Il s’inscrit dans la digitalisation des processus de fabrication à l’œuvre chez les avionneurs. Il permettra la mise en œuvre du Virtual Commissionning lors du développement et de l’intégration des équipements. Pour ses clients, il facilitera la gestion du cycle de vie des postes (configuration, essais & modifications) et des compétences (formations opérateurs).

. La filière électronique : la rubrique Relocalisations industrielles a retenu :
Cirly à Brignais, qui fabrique des circuits imprimés, pour un rapatriement de production pour pérenniser les 19 emplois et en créer 5.
Carester à Lyon. Le projet vise à construire une unité de référence mondiale sur le plan environnemental et technique permettant le recyclage de terres rares à partir d’aimants provenant d’équipements en fin de vie. Il permettrait de réduire la dépendance vis-à-vis d’importateurs asiatiques. 70 emplois pourraient être créés d’ici 2025.

Agro-alimentaire :
BRASSERIE DULION, à Lyon-Rilleux-La-Pape, produit, transforme et vend une boisson fermentée à base de céréales bio locales, avec un procédé unique sans maltage, innovant et plus économe en énergie. « Le projet est né d’un constat simple : il n’existe pas de brasserie implantée sur un territoire qui soit capable de valoriser une production agricole locale. En effet, la transformation des céréales en bière ne peut se faire sans passer par l’étape du maltage qui est un procédé industriel lourd et fortement localisé. Notre projet permet ainsi de valoriser et préserver des cultures de terroir, tout en évitant l’impact environnemental lié à l’importation de malt. Le projet d’investissement concerne l’unité de production déjà existante qui a démarré récemment en septembre 2019. La production ayant été fortement impactée par la fermeture cafés, hôtels et restaurants due au Covid, l’objectif est de réorienter notre capacité de production sur le format bouteille à destination du marché des grandes et moyennes surfaces via l’installation d’une nouvelle ligne d’embouteillage automatisée. Il est également question d’améliorer notre empreinte environnementale en adaptant une source électrique innovante de chauffage à notre salle de brassage, en vue d’intégrer un mix énergétique propre pour la production. Une réflexion plus spécifique sur l’impact de notre packaging est également menée. Dans une logique d’économie circulaire, nous souhaitons développer la consignation du verre sur une gamme à destination des magasins spécialisés bio grâce à l’acquisition d’une laveuse spécifique. » 12 L’entreprise prévoit la création de 6 emplois à court terme ainsi que la création de plusieurs postes en insertion sur les activités de développement de la consigne et la torréfaction de café bio et équitable. La brasserie devrait ainsi permettre la création d’une trentaine d’emplois directs d’ici 5 ans. Investissement global prévu : 1,3 M€ d’ici 2022.

. Filière nucléaire :
Ateliers de Chaudronnerie de Monplaisir, PME de Saint-Priest, pour déployer dans son futur atelier un système de production inédit qui robotiserait les étapes de préparation (découpe et chanfreinage) sur des pièces volumineuses et unitaires. Le projet prévoit la mise au point d’un robot nomade et intelligent pour obtenir une excellence opérationnelle encore jamais atteinte.

Reel SAS, à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, pour développer une nouvelle machine à serrer ou desserrer les goujons des couvercles de cuves de réacteurs nucléaires.

Heverett Group, une société d’ingénierie de conseil en technologie de Lyon, Aquila Data Enabler, une PME de Courbevoie (Hauts-de-Seine) spécialisée en intelligence artificielle, Exakis Nelite, une entreprise de services numériques de Lyon (Rhône), le pôle de compétitivité Nuclear Valley, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) et l’Université Clermont-Auvergne à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) pour le Laboratoire d’informatique, de modelisation et d’optimisation des systèmes (Limos), associés pour mener à bien le projet D4N (Datalake for Nuclear), soutenu par EDF et le Gifen, d’application des techniques de l’intelligence artificielle et de big data au profit de la qualité et de la performance des réalisations nucléaires.

Velan SAS, à Lyon, pour développer une solution numérique innovante capable d’introduire de la maintenance prédictive au niveau des équipements de robinetterie nucléaire.