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Réchauffement climatique : un rapport à prendre au sérieux

mercredi 8 septembre 2021
Par Karine Guichard

Qu’est-ce que le GIEC ?

Le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) a été créé en 1988, il travaille sur l’évaluation de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade. Il élabore ses avis à partir des travaux de recherches menés par les scientifiques du monde entier : pour le dernier rapport c’est trois ans de travail de 234 auteurs de 66 pays, s’appuyant sur plus de 14 000 références scientifiques.

Le GIEC n’est pas une association de personnes physiques, mais une association de pays. Les personnes qui siègent aux assemblées du GIEC ne font que représenter des pays membres ; les auteurs sont bénévoles. La transparence du GIEC est totale, tout est sur le site Internet : comment se fait la sélection des auteurs, sur quels documents ils se basent, comment les rapports sont approuvés, etc..

Le GIEC se divise en trois groupes de travail. Le premier s’occupe de la physique du climat – comment il fut, est et sera dans le futur en fonction des différents scénarios possibles d’émissions de gaz à effet de serre par l’Humanité. Le second analyse les conséquences de ce changement climatique sur les écosystèmes naturels et agricoles et sur les sociétés humaines ainsi que sur les adaptations possibles de ces dernières à ces menaces. Le troisième s’interroge sur les politiques à conduire pour diminuer ces menaces en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre.

Les groupes 2 et 3 doivent approuver leurs rapports en février et mars 2022. Le rapport de synthèse est prévu pour fin septembre 2022.

Pour finir sur l’élaboration d’un rapport, les gouvernements membres du GIEC entérinent le "résumé pour les décideurs" et non le rapport en lui même, à l’issue d’un échange entre les utilisateurs du rapport – les gouvernements – et ceux qui l’ont rédigé – les scientifiques.

Que dit le rapport du Giec du 8 août 2021 ?

Le premier est le constat sans appel que l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, les océans et les terres sur toute la planète.

100% du réchauffement climatique est dû aux activités humaines. C’est aujourd’hui un fait établi, sans équivoque.

Pendant les trois derniers millénaires, le niveau des mers n’a jamais augmenté aussi rapidement que depuis 1900. Ces 10 dernières années ont été 1.1°C plus chaudes comparé à 1850-1900. La vitesse et la force des changements climatiques sont sans précédent, sur plusieurs milliers d’années.

Le changement climatique d’origine humaine affecte déjà de nombreux phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes dans toutes les régions du monde. Les preuves des changements observés dans les phénomènes extrêmes tels que les vagues de chaleur, les fortes précipitations, les sécheresses et les cyclones tropicaux, et, en particulier, leur attribution à l’influence humaine, se sont renforcées.

Dans les scénarios d’augmentation des émissions de CO2, les puits de carbone océaniques et terrestres (comme les forêts par exemple) seront moins efficaces pour ralentir l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère.

Le GIEC décrit l’évolution des températures à venir selon 5 différentes trajectoires en fonction des actions (plus ou moins fortes) de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Dans tous les scénarios d’émissions (à l’exception du plus bas, le SSP1-1.9), nous dépasserons le seuil de réchauffement mondial de +1,5°C dans un avenir proche (entre 2021 et 2040) et resterons au-dessus de +1,5°C jusqu’à la fin du siècle.

Avec la poursuite du réchauffement, chaque continent pourrait subir plus d’évènements climatiques extrêmes, parfois combinés, et avec des conséquences multiples. Cela a plus de chance d’arriver avec un réchauffement à +2°C que 1,5°C (canicule suivi de mégafeux par exemple, comme au Canada en juin 2021).

Les glaciers des montagnes et des pôles sont condamnés à fondre pour encore des décennies voire des siècles avec pour conséquence une montée des mers, et la libération par dégel du carbone contenu dans le pergélisol est irréversible en raison des émissions passées et futures de gaz à effet de serre. Cependant, certains changements pourront être ralentis et certains arrêtés en limitant le réchauffement climatique.

Pour limiter le réchauffement, il faudra des actions fortes, rapides et durables de réduction des émissions de CO2, de méthane mais aussi des autres gaz à effet de serre. Cela réduirait non seulement les conséquences du changement climatique mais améliorerait aussi la qualité de l’air.

Limiter le réchauffement mondial à +1.5°C ne sera plus possible sans une baisse immédiate et à large échelle des émissions de GES selon les différents scénarios.

Si nous atteignons la neutralité carbone, le réchauffement climatique devrait s’arrêter (avec plus de certitude que dans le précédent rapport).


Voir en ligne : Alerte rouge pour l’humanité : article de la NVO